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Le traitement de l'hépatite C n'est pas toujours une étape obligée, car la maladie guérit spontanément dans un tiers des cas. Cependant, s'il est incontournable (700 000 personnes en meurent chaque année dans le monde), il faut savoir que le traitement du virus de l'hépatite C (VHC) est en pleine évolution, de nombreuses nouvelles molécules devant arriver prochainement sur le marché.

Objectif et mise en œuvre du traitement de l'hépatite C

Il est tout d'abord important de souligner que le traitement du VHC n'est pas toujours utile, la réponse immunitaire chez certains individus éliminant seule l'infection.

Cependant, la plupart des personnes infectées ignorant qu'elles sont porteuses du virus, un dépistage et des analyses détaillées restent une étape cruciale afin de déterminer le type d'hépatite C et donc l'éventuel traitement à mettre en place.

S'il y a traitement, l'objectif évident de celui-ci est la guérison, laquelle est possible, contrairement à certaines autres IST. Pour y parvenir, il faut que la recherche du virus dans le sang devienne nulle. Autrement dit, le virus doit être totalement indétectable 24 semaines après l’arrêt du traitement.

Enfin, lorsque l'on est face à une hépatite C chronique aux conséquences graves, le traitement classique (interféron et ribavirine) n'est pas toujours facile à mettre en œuvre.

En effet, l'interféron n'est pas facilement accessible dans tous les pays du monde en raison de son coût très élevé. Seuls les patients les plus gravement malades peuvent en bénéficier (patients présentant une fibrose hépatique sévère ou d'une co-infection par le VIH ou un lymphome B par exemple) et la grande majorité d'entre eux guérit. Par ailleurs, cet antiviral n'est pas toujours bien toléré.

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Principaux traitements de l'hépatite C

Dans certains cas d'hépatite C, un traitement médicamenteux n'est pas utile, étant donné que le virus disparaît spontanément. Cependant, il est important d'envisager une diminution majeure, voire un arrêt total, de la consommation d'alcool jusqu'à la guérison et au-delà, au cours du traitement médicamenteux, si celui-ci s'avère nécessaire.

Interféron alpha-2b ou 2a

L'interféron est une molécule qui présente de nombreux effets secondaires : asthénie (grande fatigue), perte de poids, syndrome pseudo-grippal, dépression, diabète, irritabilité.

Néanmoins, ce médicament reste encore un traitement de choix en cas d'hépatite C.

Ribavirine

La ribavirine est associée à l'interféron, car les deux traitements agissent en synergie contre le VHC. La prescription simultanée des deux médicaments est donc systématique.

Telaprevir

Le telaprevir est un autre médicament administré en association avec l'interféron et la ribavirine. Ses principaux effets secondaires sont des atteintes cutanées et une anémie.

Boceprevir

Le boceprevir n'est efficace que sur une seule forme du virus de l'hépatite C. En outre, il est utilisé après une bithérapie interféron-ribavirine.

Sofosbuvir

Le sofosbuvir a été autorisé en 2013. Il est très efficace, avec un taux de guérison de 90 % sur toutes les souches du virus.

Vosevi de Gilead : un traitement combiné

En 2017, le Comité des médicaments à Usage Humain (CHMP) a autorisé la mise sur le marché du Vosevi de Gilead, un traitement expérimental à prise unique quotidienne associant en un seul comprimé le sofosbuvir (400 mg), le velpatasvir (100 mg) et le voxilaprevir (100 mg). Le traitement dure 8 semaines chez les patients non cirrhotiques jamais traités par des antiviraux à action directe (AAD) ou 12 semaines chez ceux chez lesquels les AAD sont restés inefficaces.

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Nouvelle génération de traitement pangénotypique

Un traitement antiviral de nouvelle génération, Maviret, a vu le jour en 2017. Ce traitement pangénotypique de courte durée qui associe Glécaprévir et Pibrentasvir (deux antiviraux de 2e génération), nécessite une seule prise par jour et entraîne peu d’interactions médicamenteuses. Les antiviraux vont directement cibler les protéines essentielles à la réplication du virus de l'hépatite C et les bloquer.

Maviret est indiqué pour tous les génotypes du virus de l’hépatite C (G1 à G6). Il est efficace en deux mois chez tous les patients ne présentant pas de cirrhose (taux de guérison de 97,5 %), mais il peut aussi être employé chez certains patients souffrant d'une cirrhose compensée (taux de guérison de 98 % en trois mois) ou chez ceux qui sont également infectés par le VIH.

Enfin, chez les patients ayant déjà été traités par Ribavirine et/ou Sofosbuvir, Maviret peut être utilisé pendant 4 mois. Il est en revanche contre-indiqué chez les personnes qui présentent une insuffisance hépatique sévère. Les principaux effets indésirables de ce traitement sont des maux de tête et une importante fatigue.

Prix des traitements contre l'hépatite C

L'association des génériques du sofosbuvir et du ledipasvir donne des résultats identiques pour un prix 100 fois inférieur.

Ce traitement devrait donc désormais être accessible dans les pays où le prix élevé des traitements ne permettait pas de soigner un grand nombre de personnes (un traitement de 3 mois au sofosbuvir et au daclatasvir va de 9 400 dollars au Brésil à 80 000 dollars en Roumanie !).

On constate donc qu'il existe des différences de prix extrêmement importantes et injustifiées d'un pays à un autre, alors qu'ils pourraient être considérablement réduits. Ainsi, le prix d’un traitement de 3 mois en Égypte est passé de 900 dollars en 2014 à moins de 200 en 2016.

En ce qui concerne, les antiviraux à action directe (AAD) le prix initial était de 85 000 dollars, ce qui les rendait inaccessibles pour les plus de 80 millions de personnes porteuses d’une hépatite C chronique dans le monde, y compris dans les pays à revenu élevé.

L'OMS a œuvré de façon à permettre l'accès à ces traitements à de nombreux pays à revenus faibles ou intermédiaires (Argentine, Brésil, Égypte, Géorgie, Indonésie, Maroc, Nigeria, Pakistan, Philippines, Roumanie, Rwanda, Thaïlande et Ukraine). 

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Nouveaux traitements de l'hépatite C

La recherche pour les traitements de l'hépatite C est très active. Elle est notamment motivée par le fait que les traitements actuels présentent trop d'effets secondaires, surtout l'interféron.

Parmi ces avancées, on peut évoquer les inhibiteurs de la protéase, qui ont été développés pour le traitement de l'hépatite C chronique. Ils doivent cependant toujours être utilisés en association avec d'autres médicaments.

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En 2017, la mise sur le marché du Maviret (glécaprévir/pibrentasvir) d'AbbVie a été autorisée. Cette nouvelle génération de traitement agissant sur le virus de l'hépatite C des génotypes 1 à 6 est à prendre pendant 8 semaines. Il est actif chez la plupart des patients non cirrhotiques n'ayant encore reçu aucun traitement mais aussi chez les patients souffrant d’une cirrhose compensée ou d’une insuffisance rénale chronique sévère.

Traitement de l'hépatite C : l'option de la transplantation hépatique

Les nouvelles thérapeutiques ont permis de limiter les recours à la transplantation. Cependant, cela reste une option pour les personnes ne répondant pas aux traitements actuels et celles dont le foie est arrivé à un stade de lésion trop avancé.

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Traitement de l'hépatite C : recherche sur un vaccin

On ne peut s'appuyer à ce jour sur aucun vaccin contre l'hépatite C contrairement à l'hépatite A et B. En effet, les souches d'hépatite C sont multiples, ce qui complique la réalisation d'un vaccin.

Cependant, des essais cliniques sont en cours et les experts prédisent une mise sur le marché d'un vaccin d'ici 5 à 10 ans.

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